ARTE Radio
Radio occupée
Le zapping-pong du 27 avril occupe la radio
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Actualité
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Le zapping-pong du 27 avril occupe la radio

Radio occupée +
03'01"
Nouveauté
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Rages et barrages à Mayotte

L'île en sous-France +
05'29"
Nouveauté
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Voyage dans l'île aux mille parfums

Mayotte +
08'08"
Nouveauté
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Polygamie à Mayotte, trahison et cœur brisé

L’amour à la mahoraise +
10'50"
Nouveauté
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Ma vie de rockeuse

Putain de violon +
28'31"
Radioactif
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Ma grand-mère et la bombe

Fini de jouer +
12'15"
Critique Rap
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Kweku Collins, MHD, Hamza, Damso...

Le mike et l'enclume (16) +
33'00"
Un nuage passe
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Plaintes, mensonges & nucléaire

Tchernobyl en France +
23'56"
PUTAIN DE VIOLON
28/04/2016

C'est pas pour nous vanter mais 99% des gens ignorent complètement ARTE Radio. On a réussi à garder le truc secret. Et parmi les 1% qui connaissent, c'est à cause du fooding ou de la suçothérapie.


Ca devrait me déprimer totalement, et je vous rassure, ça me déprime un peu quand même. Je suis un enfant des années 80, moi, je crois à la réussite et aux winners. Je méprise in petto ceux qui labourent l'entre-soi expérimental avec l'argent public. Et pourtant, j'ai quelques motifs de joie. D'abord, ceux qui aiment ARTE Radio l'aiment vraiment, ils en parlent bien, ils ont un rapport émerveillé à l'écoute. Disons que ça plaît très fort à peu de gens, comme le bondage ou la confiture d'orange. Et puis tout autour ça bouge dans le bon sens. Le podcast explose aux USA, donc ça arrivera ici comme le hula-hoop et le féminisme intersectionnel. Audio is the new black. Il y a désormais des jeunes gens qui racontent leur vie avec des sons, comme hier ils auraient choisi la chanson ou la bande dessinée. Laure Chatrefou, par exemple, elle ne travaille pas la radio comme un documentaire classique. Elle raconte le monde en éclats, tissant les voix avec plein de sons qu'elle s'amuse à zapper, sampler, mettre en boucle. Pour raconter les violences à Mayotte ou la polygamie, elle mêle les rires et les bruits en un montage très speed. Au final on en apprend autant qu'aux infos en passant un bon moment. Il y a trois sons de Laure Chatrefou sur Mayotte cette semaine, peut-être ils vous plairont. Et puis il y a "Putain de violon", la première autobiographie musicale de Julie Bonnie. Ca aussi, je crois, peut faire avancer le bazar. Julie prend la radio comme un moyen ludique de raconter sa vie de rockeuse. Ses voix, ses sons, sa musique se répondent avec énergie, sans prétention ni complaisance. Marjane Satrapi du violon, Annie Ernaux du micro, Julie Bonnie invente peut-être une autre radio (ou une auto-radio, hi hi). 99% de gens à séduire, ça laisse de la marge. Putain de chouette ambition,  

PUTAIN DE VIOLON (ARTE Radio à partir du 28 avril)

 

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LA FRANCE S'ÉCLATE
21/04/2016

Ce matin dans le tube, j'ai lâché les pronostics sur l'élection présidentielle de Cannes pour regarder le bébé d'en face. J'ai pour les bébés la passion amoureuse que les gens normaux réservent à leur chien.


Je contemplais  "sa pesanteur alarmante et sourde, son énergie endormie de pile atomique" comme j'écrivais en 2002 quand j'écrivais encore. L'auto-citation est une forme d'autosatisfaction qui fait moins mal aux vertèbres (cherche pas, c'est dégoûtant). J'enviais cette boule de chair et de bave qui a une chance de voir la fin du monde. Le bébé d'aujourd'hui a déjà son ticket pour l'apocalypse, le veinard. Nous serons partis avant. Voilà qui explique peut-être l'anomie (demande à mamie) qui paralyse nos générations. Nous autres adultes cherchons encore un espoir dans le printemps, la reproduction ou la saison six. Nous n'allons pas assez mal pour nous révolter. Les crédits, les doudous numériques et la mauvaise foi nous retiennent. Voilà pourquoi je ne parviens pas à moquer tout à fait les énergies juvéniles qui occupent les places de la République, interrogent la question du genre et niquent la police. Bien sûr, la logorrhée revendicative est parfois embarrassante. Les orateurs se succèdent, alternant l'individualiste niaiseux et le maximaliste délirant, dans la pure tradition française du gauchisme viril. Mais enfin ils sont dehors, à tenter de nommer la catastrophe régnante et à lutter contre elle. Tout autour, on l'a vu l'autre weekend, un système politico-médiatique agonisant déploie des trésors de mauvaise foi grotesque, mentant sur ce mouvement comme il nous ment sur à peu près tout, de la pollution à la démocratie en passant par l'avenir. Ce bébé m'a rendu tout guilleret, vous devriez me lire quand je suis pessimiste. J'assume donc une position radicale et minoritaire : JoeyStarr a bien fait de virer Finkielkraut. Cette semaine, ARTE Radio s'amuse, ARTE Radio s'écoute et 

LA FRANCE S'ÉCLATE (ARTE Radio à partir du 21 avril)

 

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TAJINE MOULANT
14/04/2016

 "L'essentiel, c'est la bataille culturelle et identitaire" dit Manuel Valls, célèbre homme de gauche de droite.

 

De vieux réflexes nous soufflent que l'essentiel, ce sont les conditions de vie des gens et leur espoir de s'en sortir. Mais on ne choisit pas son époque ni les débats qui l'agitent. Il est vrai que nous sommes plongés dans les conflits d'identités. D'Atlanta à Tel-Aviv et de Tunis à Hénin-Beaumont, le peuple épuisé par l'impuissance politique cherche son salut dans les vieux livres de magie et les fantasmes identitaires. L'Europe a ses fachos, l'Orient ses islamistes. Celui qui craint les uns sans redouter les autres s'aveugle, et nous fatigue. ARTE Radio adore travailler sur ces questions. La race, la classe, le genre, les fictions intimes ou collectives. Ce qui nous sépare et ce qui nous réunit. Nos envoyées spéciales en Algérie et au Maroc préparent une série sur l'athéisme dans le monde musulman, phénomène passionnant dont on ne parle jamais. Ca s'appellera "Athées à la menthe" car on a beaucoup d'humour. Dans l'immédiat, Audrey Chauvet propose cette semaine un reportage épatant sur la "hachouma". La honte liée aux tabous du sexe chez... chez qui, d'ailleurs ? Les nommer fait partie du problème. Je dirais naturellement "chez les Arabes", mais il y a toujours un Kabyle pour râler que non, justement, na na ni. Je n'ai pas envie de vexer les Kabyles sinon on ira où pour l'apéro ? Dans ce reportage, des dames kabyles parlent du poids de leur culture "maghrébine". Le mot est juste mais vieillot. "Sexe, islam et tabous chez les Français d'origine maghrébine", ça fait pas rêver.  J'ai besoin d'une accroche forte pour ce reportage. Le sexe, les Arabes et ta mère ? Mille secousses dans le couscous ? On lève les voiles, habibi ? L'enjeu est important. Audrey a rencontré une sexologue voilée, on n'en entend pas tous les jours. J'aimais bien "Le sexe hallal" mais en titre de cette newsletter, ça risque de réveiller ton anti-spam. Du coup on se rabat (si j'y suis) sur un très élégant 

TAJINE MOULANT (ARTE Radio à partir du 14 avril 2016)

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VOUS ÊTES ICI
07/04/2016

Où allons-nous ? Une étude scientifique et ton doigt mouillé assurent qu'on va dans le mur. Le profit fait notre perte.

Les capitalistes ne s'arrêteront pas avant d'avoir vendu la dernière goutte d'eau au dernier humain modifié. Ils ont empoisonné l'air, la terre et les relations humaines. Ils ont dissous les communautés et les solidarités au profit d'un agrégat servile de consommateurs agressifs. Tout est foutu, donc tout va bien. Ce qui passsait hier pour un délire hippie excessif est aujourd'hui une évidence solide et partagée. Le libéralisme mondialisé ne fait pas le bonheur. Par chance, nous sommes gouvernés par des médiocres dont la bêtise égale l'incompétence, prêts à brader les grands mots (république, lumières, démocratie) pour un coup de menton autoritaire. Tout va bien, je vous assure. L'Histoire est mûre. L'Histoire bégaie et fait sous elle. Partout la prise de conscience s'étend. Aux USA, les jeunes délaissent un instant les études de genre pour un candidat qui parle d'inégalités sociales. Où allons-nous si on arrête de déconstruire l'islamophobie, je vous le demande ? Comme disent les Ramones : oh, ah, on y va. On ne peut plus faire autrement. Le ricanement non-dupe, la posture de surplomb, l'oubli stupéfié sont des luxes pour un temps meilleur - or même le Star Wars est décevant. Il n'y a rien d'autre à faire qu'à foutre en l'air l'oligarchie assassine. Rêve ou crève, plutôt debout que couché. Souvenez-vous qu'à cet instant et pour peu de temps

VOUS  ÊTES ICI (ARTE Radio à partir du 7 avril 2016)

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POST-PUNK ÉMOI
01/04/2016

 Le secret c'est de survivre. Si tu te cramponnes bien à la barre du manège, tu vas tout voir passer, disparaître et revenir. Les amis, les modes, les idées.


Tout fait un tour de piste et resurgit. Tu es resté là, accroché au manège, et voilà que reviennent les jeans retroussés, le cynisme ricanant et les synthétiseurs. Voilà que reviennent tes 15 ans. En 1979 tu subissais la première "crise économique", la peur des bombes et la montée du libéralisme. Ton besoin de consolation était impossible à rassasier. Heureusement l'époque avait la bande-son idéale pour ses noirs desseins. De grands philosophes contemporains comme Nick Hornby ou Cameron Crowe ont cherché à définir les liens entre la pop et la vie. Est-ce qu'on aime les chansons tristes parce qu'on est triste, ou est-ce qu'on devient triste à force d'écouter les Smiths ? Peut-on aimer le rock sans être cool ? A 15 ans comme Jean-Charles Versari ou Dominique A, je suis tombé dans la niouwaive. A l'époque on n'appelait pas ça le post-punk. On était post sans le savoir. On était contemporains d'une nouvelle façon de jouer, qui prenait l'énergie punk pour la retourner contre soi. Qui lâchait la mélodie pour le son et la violence pour l'attitude. C'était un style. Une façon d'être. Des angles bien nets, des nuques bien dégagées. Une certaine rigueur dans la section rythmique. Une esthétique à base de machines et de carrelages, de pierres tombales et d'exigence. La culture pop t'ouvrait sur l'expressionisme allemand, le Bauhaus, JG Ballard ou Mishima. Ca, c'est ma vision du post-punk. Jean-Charles Versari a la sienne. J'ai trouvé pour assouvir mes fantasmes ce garçon qui chante très bien. Versari prend sa guitare et chante Joy Division, The Cure, Bauhaus... Il chante Cocteau Twins et c'est pas facile pour un garçon (c'est le groupe de Liz Frazer, la voix qui chante "Teardrops" avec Massive Attack). Il reprend des raretés comme Minimal Compact, Lydia Lunch ou Birthday Party, le premier groupe de Nick Cave. Il chante nos 15 ans et les vôtres. Quand on est mal, on a toujours 15 ans. Si la musique est la bande-son de notre vie, le post-punk est celle de la difficulté à vivre. On vous le raconte comme toujours ici à la première personne, en espérant toucher d'autres premières personnes. 

POST-PUNK ÉMOI (ARTE Radio à partir du 1er avril)

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LE DEUIL NOUS VA SI BIEN
24/03/2016

On est dans la mouise, les enfants, et elle monte. Je voudrais bien vous chatouiller le moral mais je préfère vous dire la vérité : ça ne va pas s'améliorer. Vous vous en doutez bien. Amateurs de Mad Max et de films de zombies, nous serons bientôt comblés. 


On s'achemine sans ciller vers le désastre. Cap au pire, comme disait Samuel (Beckett, pas Hirsch). En arrière, toute. Après le Moyen-Age des superstitions et des bûchers viendra la chute de l'Empire, et puis, d'ici quelques décennies, NéanderthaL Grognements, massues, lutte pour l'eau potable et le feu. Pouf, pouf. Je ne veux pas vous casser l'espoir, mais vos petits-enfants n'en auront pas. Tra la la. Que faire, donc ? Deux solutions au moins. On peut continuer à crier plus fort que le voisin. Se draper dans ses certitudes rances d'il y a trente ans. Accuser l'islam, le capitalisme ou la téléréalité. On peut, c'est guère plus difficile, essayer de penser tout ça à la fois. Lire et écouter le monde. Ne pas renier ses convictions mais réviser ses sources. Au besoin, changer d'avis. Troquer le catéchisme des formules récitées par coeur contre une ouverture sur l'infinité des expériences humaines. Notre éternel appétit de pouvoir. Nos larges réserves de connerie. Notre obstination à foirer. C'est là que vous et moi, amateurs de documentaires sonores et de tranches de vie, nous avons un net avantage. Tout nous étonne. Quand on écoute le monde et les vies qu'on y mène, elles ne ressemblent pas au catéchisme. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de superstructures, ni de mécanismes de domination ou de lutte des classes. Tout cela existe, mais d'autres choses existent en même temps. Des affections. Des souvenirs. Des mensonges obstinés. Amateurs de document sonore, nous cherchons dans le tremblement d'une voix la flamme fragile d'une vérité. Le moment où les contraires cessent de s'opposer. Où l'humain se dévoile dans ses peurs et ses désirs. Alors, je sais que vous préférez entendre des histoires rigolotes. Les petits échos de la drague et des mamans. Mais cette semaine et pour nous faire plaisir, je vous propose d'écouter un son très court et très triste. Selon moi, l'une des plus belles productions documentaires d'ARTE Radio. Une réussite totale, discrète, précise, lumineuse. Ca s'appelle "Après Robert". Une fille contemple ce que son père lui laisse. C'est presque rien et ça dit tout : la perte, le chagrin et la vie qui revient. Après tout, les amies,     

LE DEUIL NOUS VA SI BIEN (ARTE Radio à partir du 23 mars)

 

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